Diction dynamique

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La formation de l'acteur

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La bonne diction est la politesse des acteurs

Lors de la création d'un spectacle, un équilibre général de la diction se fait pour ainsi dire naturellement entre les diffèrents acteurs. Le metteur en scène a la possibilité d'infléchir et d'orienter ce résultat

En représentation, la bonne diction d'un acteur doit être adaptée à chaque salle et au nombre de spectateurs et bien sur, toujours encore par rapport à ses partenaires de jeu.

 

Diction dynamique = Phrasé rythmique, technique des escaliers

Cette technique de phrasé dynamique est surtout efficace dans les monologues ou les spectacles de conteur

Un texte est à considérer comme une partition musicale, principalement rythmique et qui doit épouser le sens gobal du discours ou du personnage.

La diction dynamique, un peu comme un effet de montagnes russes, provoque l'attention du spectateur qui reste ainsi suspendu aux lèvres de l'acteur et à la compréhension du texte joué.

Autre point : si le comédien doit reproduire à l'identique le parler naturel, il ne parle en aucun cas théâtre ou spectacle. En effet, le parler naturel implique en général un auditoire assez faible et il est normalement audible par ceux ci. En spectacle, l'audibilité se situe au niveau des spectateurs beaucoup plus nombreux, et il faut donc placer sa voix en conséquence, utiliser un volume plus fort, une articulation plus marquée.

La richesse d'une voix dépend aussi des diffèrents résonateurs (crâne, gorge, nez, poitrine, ventre, etc ...) et des harmoniques que l'on utilise (capacité à faire vibrer une ou plusieurs notes en renfort du son ou note principale)

La technique de l'escalier ou la diction dynamique

Voici un tableau simple qui permet d'insuffler 3 sortes de paramètres à la manière de parler, à partir d'un texte ou d'une réplique que l'on divise en plusieurs parties séparées par les articulations.

Couleur

sentiments colère, tristesse, peur, joie, rire, etc...

Volume

fort, faible, crescendo et decrescendo, etc...

Rythme

rapide, lent, haché, avec des vides, etc...

Ces articulations se font par rapport au sens du texte, les signes de ponctuation en sont souvent les indicateurs. Dans l'exercice qui suit, chaque ligne représente une marche ou partie. Il faut choisir dans les trois propositions du tableau ci dessus, les paramètres que vous emploierez à chaque marche.

Essayez : ces 7 vers sont découpés en 7 marches d'escalier, 6 points d'articulations pour 3 effets. Les paramètres sont déja définis.

1) N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?

Joie + volume faible + débit rapide

2) Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers 3) Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers.

Peur + crescendo volume + débit lent

4) Mon bras,

Joie + volume faible + débit rapide

qu'avec respect toute l'Espagne admire

Rires + volume fort + avec des vides

5) Mon bras,

Joie + volume faible + débit rapide

qui tant de fois a sauvé cet empire, 6) Tant de fois affermi le trône de son roi

Rires + volume fort + avec des vides

7) Trahi donc ma querelle et ne fait rien pour moi .

Peur + crescendo volume + débit lent

 

Essayez à nouveau avec d'autres paramètres

Marche 1: colère + volume fort + débit rapide

Marche 2: tristesse + volume faible + débit haché et rapide

Marche 3: colère + volume faible + débit lent

Il faut exagérer la différence entre les marches et vous pourrez constater que les deux manières d'interpréter le texte sont tout à fait plausibles pour une oreille extérieure. Habituellement, le comédien qui pratique l'exercice est d'un avis tout a fait opposé, il trouve même assez ridicule cette manière de procéder. Il faut encore essayer avec vos paramètres ou effets cette fois ci , qu'il n'est pas obligatoire de limiter à trois.

Les divisions du texte, ses articulations dépendent de la sensibilité ou de la compréhension de l'acteur. En général pour un débutant , elles sont à peine soulignées dans la manière de les restituer. L'animateur ou le metteur en scène devra l'aider à accentuer ses choix et ses propositions.

 

Voici ci dessous la tirade du nez de CYRANO de BERGERAC d'Edmond Rostand. C'est un exellernt exercice. Ce sont des vers de 12 pieds, mais en l'occurence il ne faut pas en tenir compte et respecter le découpage du texte proposé .

Les énnoncés de caractère (aggressif, amical, descriptif, curieux, ...) doivent être dit sur le même ton et avec la même intensité. Les phrases (entre « .............. ») doivent être dites avec la coloration de l'énnoncé du caractère correspondant. Comme si un autre personnage jouait sur scène, il y a en tout 25 marches ou escaliers.

1

Ah ! non ! c'est un peu court, jeune homme !On pouvait dire... / Oh ! Dieu !... bien des choses en somme... / En variant le ton, par exemple, tenez

2

Agressif :

3

« Moi, monsieur, si j'avais un tel nez, Il faudrait sur-le-champ que je me l'amputasse ! »

2

Amical :

4

« Mais il doit tremper dans votre tasse / Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »

2

Descriptif :

5

« C'est un roc !... c'est un pic !... c'est un cap ! / Que dis-je, c'est un cap ?... C'est une péninsule ! »

2

Curieux :

6

« De quoi sert cette oblongue capsule ? / D'écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? »

2

Gracieux :

7

« Aimez-vous à ce point les oiseaux / Que paternellement vous vous préoccupâtes / De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »

2

Truculent :

8

« Ça, monsieur, lorsque vous pétunez, / La vapeur du tabac vous sort-elle du nez / Sans qu'un voisin ne crie au feu de cheminée ? »

2

Prévenant :

9

« Gardez-vous, votre tête entraînée / Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »

2

Tendre :

10

« Faites-lui faire un petit parasol / De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »

2

Pédant :

11

« L'animal seul, monsieur, qu'Aristophane / Appelle Hippocampéléphantocamélos / Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d'os ! »

2

Cavalier :

12

« Quoi, l'ami, ce croc est à la mode ? / Pour pendre son chapeau, c'est vraiment très commode ! »

2

Emphatique :

13

« Aucun vent ne peut, nez magistral, / T'enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »

2

Dramatique :

14

« C'est la Mer Rouge quand il saigne ! »

2

Admiratif :

15

« Pour un parfumeur, quelle enseigne ! »

2

Lyrique :

16

« Est-ce une conque ? Êtes-vous un triton ? »

2

Naïf :

17

« Ce monument, quand le visite-t-on ? »

2

Respectueux :

18

« Souffrez, monsieur, qu'on vous salue, / C'est là ce qui s'appelle avoir pignon sur rue ! »

2

Campagnard :

19

« Hé, ardé ! C'est-y un nez ? Nanain ! / C'est queuqu'navet géant ou ben queuqu'melon nain ! »

2

Militaire :

20

« Pointez contre cavalerie ! »

2

Pratique :

21

« Voulez-vous le mettre en loterie ? / Assurément, monsieur, ce sera le gros lot ! »

2

Enfin parodiant Pyrame en un sanglot :

22

« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître / A détruit l'harmonie ! Il en rougit, le traître ! »

1

Voilà ce qu'à peu près, mon cher, vous m'auriez dit / Si vous aviez un peu de lettres et d'esprit

23

Mais d'esprit, ô le plus lamentable des êtres, / Vous n'en eûtes jamais un atome, et de lettres / Vous n'avez que les trois qui forment le mot : sot !

24

Eussiez-vous eu, d'ailleurs, l'invention qu'il faut / Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries, / me servir toutes ces folles plaisanteries,

25

Que vous n'en eussiez pas articulé le quart / De la moitié du commencement d'une, car / Je me les sers moi-même, avec assez de verve, Mais je ne permets pas qu'un autre me les serve.

 

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DIALOGUE

Suivant évidemment le type de spectacle et d'une manière générale, les acteurs doivent enchaîner les répliques sans une coupure de temps entre elles. Sauf en cas d'effet volontaire de silence, pour faire ressortir une situation par un geste, un déplacement ou par une respiration. Dans la pratique , un acteur peut ménager dans ses propos les silences qu'il veut et l'acteur qui lui répond, faire de même, mais il doit surtout prononcer le premier mot de son texte immédiatement après la fin de la réplique de celui qui le précède. Et ainsi de suite ...

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Il faut aussi savoir que l'acteur reproduit la manière de parler du personnage qu'il interprète et ce, à travers une vision actuelle, y compris pour les personnages historiques. Il existe différentes colorations, suivant l'écriture, le genre du spectacle : poétique, bourgeois en opposition à banlieues, tragique et bien d'autres encore... Le metteur en scène, s'il l'estime nécessaire, imposera une coloration générale, bien souvent guidée par l'écriture mais aussi par les capacités de ses acteurs. S'il travaille avec des jeunes est que le spectacle impose des rôles de personnes beaucoup plus agées, il fera bien sur avec et tentera peut-être un travail de composition.

La coloration peut être en phase avec la situation ou au contraire s'en détacher, voire être en totale opposition (joie / tristesse, calme /exitation, peur / assurance , etc ...) .

 

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