| Spectacle sur les Mines d'Argent en partenariat avec le Totem Théâtre de Colmar et la classe de Dominique Feig, au collège Reber de Sainte- Marie aux Mines (Alsace - France) |
par la classe de 6e/5e SEGPA du collège Reber de Sainte- Marie aux Mines (daprès les commentaires du guide de lASSEPAM) 1.Les premiers « mineurs » étaient des moines Selon la légende ce sont les moines qui au XI siècle ont commencé lexploitation de l'Altenberg en creusant des trous en forme d'entonnoir pouvant aller jusqu'à 50 mètres de profondeur ! La technique était rudimentaire et dangereuse car les trous se remplissaient d'eau et menaçaient de s'écrouler sur les saints hommes. Quand un trou s'écroulait ou devenait improductif, les moines en creusaient un juste à coté, ce qui explique que les sommets de l'Altenberg aujourd'hui encore sont truffés de "cratères". 2. Les soucis du seigneur de Ribeaupierre C'est au XVI siècle que l'exploitation des mines d'argent a commencé de façon sérieuse. L'histoire commence avec les soucis du seigneur de Ribeaupierre qui craignait, lui petit seigneur, de se faire manger tout cru par ses voisins tout puissants et notamment par le duc de Lorraine dont les terres s'arrêtaient coté gauche de la Lièpvrette. Ce voisin dangereux avait trouvé du minerai d'argent et en commençait l'exploitation. Alors notre seigneur de Ribeaupierre réfléchit et se dit que du minerai d'argent , il devait bien y en avoir de l'autre coté de la rivière... 3.Le seigneur de Ribeaupierre cherche de laide Et après avoir prospecté de ci de là, il trouva ce qui allait résoudre tous ses problèmes de trésorerie, le minerai dargent avec lequel il allait pouvoir frapper monnaie Mais le problème c'est que dans la vallée de Sainte-Marie il n'y avait pas de spécialistes de mines. Et même s'il y en avait comment les payer ? C'est alors que le vassal se souvint de son suzerain, Olivier de Habsbourg Commandeur du Saint Empire Romain Germanique et cousin éloigné. Celui-ci avait dans les Erzgebirge en Saxe, des mines de fer dont les techniques étaient très en avance sur l'époque. 4. Les Habsbourgs acceptent La maison des Habsbourgs accepta la demande du seigneur de Ribeaupierre moyennant ( business is business...) 20 à 30% de l'argent extrait. Alors une immense publicité fut faite pour que les mineurs saxons veuillent bien s'expatrier et parcourir 750 km à la recherche d'un nouvel Eldorado... Car pour ces mineurs il s'agissait bien d'une véritable aubaine... 5. Mineur à Sainte-Marie : un métier de rêve Des salaires élevés, quelque soit le rendement ,8 heures de travail par jour, dimanche et un jour sur 4 férié, des abattements fiscaux, une place réservée à l'église, le bois gratuit, la priorité au marché de la ville, une juridiction particulière ( les mineurs ne dépendaient pas du seigneur de Ribeaupierre mais du juge des mines) et cerise sur le gâteau,une caisse de solidarité, une sécurité sociale / ASSEDIC/ Caisse de retraite avant l'heure, une école pour les enfants (beurk!), bref de quoi aiguiser les appétits des plus exigeants !!! 6. Comment on trouva les filons Et c'est dans ce contexte que l'aventure des mines allait commencer en 1549 avec l'ouverture de la mine Saint-Louis. Comment avait-elle été "découverte" ? Grâce à l'aide de sourciers qui détectaient les fissures tectoniques à travers lesquelles les eaux chaudes étaient montées, puis avaient déposé les précieuses particules de minerai ( fissures dues aux pressions des Alpes qui étaient en formation). Si les sourciers étaient cajolés, ce n'était malheureusement pas le cas des sorcières qui avaient été nombreuses à Sainte Marie à passer sur le bûcher. D'ailleurs les femmes en général étaient hautement indésirables dans les mines car on craignait qu'elles n'apportent le mauvais sort... 7. Le seigneur de Ribeaupierre a une idée génialeOuvrir une mine c'est bien , mais qui va payer les mineurs et le matériel ? Certainement pas le seigneur de Ribeaupierre qui trop pauvre n'avait pas d'avance sur recettes... Heureusement le châtelain n'était pas à cours d'idées...Il entreprit de découper la montagne en tranches de 50 m de large sur 50 m de haut, les concessions...Et ces concessions il allait les vendre comme l'on vend aujourd'hui des actions, à des gens riches de la vallée, des pharmaciens, des notaires, des avocats,etc... , leur faisant miroiter des bénéfices extraordinaires, jusqu'à récupérer 100 fois la mise! Et les riches se sont précipités... Ils n'avaient pas eu le choix du lieu de la concession et s'étaient engagés à payer les mineurs et tout le matériel, un pari à hauts risques car l'histoire dira que seulement 15% des concessionnairestrouveront un filon, les autres s'en mordront les doigts... Et même pour les 15% d'heureux élus, leur enthousiasme baissa d'un cran quand le seigneur de Ribeaupierre leur rappela gentiment qu'il fallait lui verser 40 à 50% des recettes ! Comme quoi on peut être riche et se faire rouler dans la farine... 8. Linvasion de Sainte-Marie , la belle époque des 30 glorieuses Les mineurs quant à eux étaient venus en masse : 3000 en 1550 !! Et pas de problème de racisme ou de délit de sale gueule, ils avaient la même langue et la même religion. L'Eldorado avait bien existé: le commerce local était florissant, 30 années de folie allaient s'ouvrir, de 1550 à 1580. 350 km de galeries allaient être taillées dans une des roches les plus solides au monde, le gneiss. Au total pas moins de 1200 galeries allaient être creusées horizontalement dans la montagne à la recherche de filons de 20 à 30 cm de large, filons qui se développaient en hauteur. Et au coeur dune montagne transformée en véritable gruyère, les techniques venues de Saxe firent des merveilles... 9. Les techniques minières de Saxe Pour évacuer l'eau des galeries on taillait les galeries en très légère pente (2°). Et pour faire circuler l'air dans les mines on creusait des puits daération qui faisaient courant d'air avec une circulation d'air chaud ou froid de l'extérieur selon la saison : à lintérieur de la mine la température restait constante toute lannée, 9 degrés, ce que les chauves-souris ont bien compris puisquelles viennent hiberner dans les galeries encore aujourdhui ! Et mise à part lentrée,pas besoin d'étayage dans les galeries vu la dureté du gneiss ! Les mineurs faisaient les 3X8 par équipe de 4 à 6 . Leur capuche était rembourrée avec de la paille et un chiffon. Au niveau des fesses une jupette appelée le cuir fessier leur permettait de travailler assis. Au pied, les mineurs portaient de simples sandales de cuir. Leurs outils, un marteau et une dizaine de pointerolles accrochées à la ceinture : en 24 heures ils taillaient de 5 à 10 cm de galerie...Un travail long et patient, surtout quand on taille pendant 7 ans sans rien trouver ( les erreurs de direction coûtaient très chères !), jusqu'à cette veine extraordinaire qui récompensa tous les efforts 10.Quand 2 ou 3 mines se rencontrent Hélas, ces nombreuses années sans rien trouver avaient coûté cher et la mine Saint-Louis était au bord de la faillite. La rencontre providentielle avec la mine Saint-Michel qui suivait le même filon arrangea tout le monde et les 2 mines suivirent le dicton " l'union fait la force ".Mais un autre voisin allait se montrer plus récalcitrant : 8 mètres plus bas la mine du Chêne exploitait aussi le filon... Et ce fut la guerre... Vite on appela le juge des mines qui vint prendre des mesures pour décider qui aurait quoi. Après 9 années de disputes et de querelles en tout genre on arriva à un accord, non sans sêtre rappelé de la légende du juge "ripoux" qui donnait systématiquement raison à la mine du Chêne au détriment de Saint-Louis. L'histoire dit que le juge corrompu s'était retrouvé coincé 7 jours dans une chatière à cause de son embonpoint... 11. La fin des mines Mais l'aventure des mines s'essouffle après les 30 glorieuses, car les filons s'épuisent, le salaire et le matériel des mineurs coûte horriblement cher et, terrible nouvelle , la mondialisation est en marche, l'argent d'Amérique du Sud produit par les esclaves envahit le marché et casse les prix... Heureusement à Sainte Marie aux Mines cet argent-là n'aura pas cassé nos rêves... |
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